A Propos

Marie-France

Marie-france Lalancette, diététiste-nutritionniste, pratique à Laval, Ste-Rose. Membre en règle de l’Ordre professionnel des diététistes du Québec depuis 1996.

Marie-France Lalancette a eu de la chance. Elle a eu une mère qui s’aimait, qui s’acceptait, et pour qui le sourire valait bien plus cher que les plus beaux bijoux. L’apparence d’une personne n’était jamais commentée, elle n’intéressait personne dans cette famille; on y discutait de choses bien plus importantes : les gestes posés, les actions, les opinions, les attitudes,  la politique, l’économie, les sciences et les arts, il y en avait pour tous les goûts. Et par-dessus tout, une mère qui a su transmettre à sa fille la compassion pour autrui. Ce n’est pas pour rien que ses premières expériences de travail furent comme animatrice auprès de personnes atteintes de maladie mentale.             

En plus d’être diététiste-nutritionniste depuis plus de 10 ans, Marie-France Lalancette est bachelière en biologie en plus d’être diplômée en sciences de l’éducation. A ses débuts, elle a oeuvré en bureau privé ou il y a dix ans, diététiste rimait encore plus qu’aujourd’hui avec ‘perte de poids’ et décompte de calories. Elle a même gouté au travail en industrie pharmaceutique en tant que consultante pour l’un des nombreux médicaments pour perdre du poids.  Elle connaît donc très bien les rouages de l’industrie de l’amaigrissement pour y avoir été plongée elle-même, sans jamais vraiment y croire par contre.            

Déjà il y a 10 ans, il ne lui semblait pas qu’un menu-type ou qu’un plan de régime calculé combiné à une pesée hebdomadaire représentait la solution pour la plupart des personnes venant la consulter (majoritairement des femmes, et pas toujours des rondes!) Quel choc pour une nouvelle graduée, pleine d’enthousiasme, de réaliser que les belles équations et les beaux calculs ne collent pas tout-à-fait avec la réalité, qui est beaucoup complexe que dans les livres! Changement de cap, rien ne va plus, et pas question d’aller contraire à sa conscience. Elle opte alors pour une approche ‘sans diète’ à une époque ou on ne jurait que par les diètes, et se retrouvait donc plutôt seule à ramer contre le courant. C’est donc pour s’outiller plus à fond dans les aspects plus flous et plus sombres du comportement alimentaire qu’elle s’est donc jointe au seul regroupement de nutritionniste avec une vision plus alternative de la question du poids qui existait alors, le Collectif action alternative en obésité aujourd’hui appelé le Groupe Equilibre). Elle a pu ainsi se documenter sur les ravages de la préoccupation excessive à l’égard du poids et enfin s’ouvrir à toute une autre façon d’aborder le poids et la santé.            

Au fil des ans, un intérêt grandissant pour les troubles alimentaires l’a poussé à se documenter en faisant des revues de littérature scientifique sur la question et en lisant tout les bouquins qu’elle trouvait sur son passage sur le sujet des diètes, tant du domaine de la psychologie, de la psychanalyse alimentaire que de la physiologie du métabolisme.            

Impliquée dans plusieurs comités du milieu communautaire de la santé des femmes, elle a milité activement durant plus de 7 ans en faveur d’une plus grande acceptation de la diversité corporelle pour finir par s’allier à d’autres professionnels (psychologues, travailleuses sociales et diététistes) pour fonder un organisme communautaire voué à enrayer l’obsession de la minceur. Cet organisme dont elle fut la coordonnatrice pendant 4 ans lui a permis de rencontrer des centaines de femmes et de filles préoccupées par leur poids, des femmes de tous les poids, de tous les âges. A ce poste, elle a dirigé des activités scolaires et élaboré du matériel éducatif pour prévenir la préoccupation excessive à l’égard du poids dans les écoles. Elle a animé de nombreuses conférences sur l’obsession de la minceur, au public comme au communautaire, auprès de parents et d’ados. Elle a oeuvré comme consultante pour un Centre Jeunesse et s’est adressé directement aux adolescentes pour les mettre en garde contre les pièges de l’industrie de l’amaigrissement en animant des ateliers. Elle a vu ces femmes, peu importe leur âge, minces ou rondes, s’ouvrir le coeur pour partager entre elles une détresse commune à toute : la pression à maigrir et la souffrance de ne pas s’accepter, de vouloir changer son corps et de ne penser qu’à ça au point de sacrifier tout le reste.              

Convaincante parce que convaincue, elle s’est donc dévouée à promouvoir la santé en attaquant de front cette grande obsession de notre société, le culte de la minceur. C’est à force d’entendre se confier des personnes de tous les poids et de tous les âges qu’elle en est venue à comprendre la réalité quotidienne des personnes qui ont peur d’engraisser ou qui jouent au yoyo, et l’incroyable énergie qu’elles sont prêtes à déployer pour un corps conforme aux normes rigides de notre société, qui a, avouons-le, un problème de taille.