Aux Parents
Les parents peuvent aider!
Parmi les matériaux nécessaires à la construction d’un saine image corporelle, plusieurs sont fournis par les parents. Vous fournissez de la matière première pour une saine image corporelle quand :
> Vous prenez le temps de féliciter ou de valoriser votre fille pour ses réalisations plutôt que pour son apparence.
> Vous dédramatisez sa peur d’engraisser en lui expliquant qu’il est tout à fait normal qu’elle prenne du poids puisque’elle est en pleine croissance
> Vous respectez et faites confiance aux signaux de faim et de satiété de votre fille, par exemple en ne l’obligeant pas à manger une quantité d’aliments pré-déterminée par vous
> Vous bougez en famille avec elle, non pas pour qu’elle maigrisse ou pour qu’elle n’engraisse pas, mais bien pour le plaisir de bouger et de partager un bon moment
> Vous rendez plus accessibles des aliments sains, vous prenez plaisir à découvrir avec elle des aliments nouveaux nutritifs, sans pour autant interdire les petits plaisirs de la table
> Vous n’avez pas de balance disponible dans la maison
> Vous discutez ouvertement de la question du poids avec votre fille afin de lui permettre de vous manifester ses craintes par rapport aux transformations normales de son corps.
Quelques questions fréquemment posées par les parents
Ma fille est plus ronde que les autres. Est-elle déjà obèse ou est-elle plus à risque d’être obèse?
Les rondeurs à l’adolescentes ne veulent pas dire que votre fille va nécessairement être obèse ou avoir un poids au-dessus de la moyenne à l’âge adulte. La croissance est parfois plus rapide pour certaines filles plus précoces que d’autres, et en comparaison, elles semblent plus rondes que les autres mais ells ne sont souvent que plus en avance sur la majorité sur le plan du développement physique. De plus, certaines grandiront plutôt en ” largeur ” avant que leur corps s’allongent par la suite, alors que d’autres, plus privilégiées car plus conformes aux modèles de beauté actuels, grandissent en ” hauteur ” avant de développer des formes plus féminines. Il est important de reconnaître et d’expliquer à votre fille cette diversité dans la façon que le corps de chacune manifeste pour transformer sonc corps d’enfant en un corps de femme.
Dois-je commencer à lui apprendre à ” faire attention “?
Le fait d’être plus précoce ou plus ronde rend votre fille plus vulnérable aux commentaires désobligeants par rapport à son corps et c’est plutôt cela qui pourrait favoriser chez elles des comportements malsains non favorables à un poids-santé à l’âge adulte. Le fait de se mettre à la diète, par exemple, est un comportement qui favorise le gain de poids à l’âge adulte plutôt que de le prévenir. La meilleure façon d’aider votre fille n’est pas de commencer à lui démontrer que vous aussi vous croyez que son corps doit être changé pour satisfaire le regard des autres, mais bien de l’encourager à avoir une image positive d’elle-même quant à son apparence, et surtout à ses qualités, ses talents, sa personnalité etc. Encourager votre fille à ” faire attention ” ne fait que lui prouver une fois de plus qu’elle ne mérite pas la même nourriture que les autres jeunes de son âge et risque d’être dévastateur sur le plan de son estime d’elle-même et sa confiance en elle.
Si les diètes ne sont pas la solution, que puis-je faire alors pour favoriser la santé de ma fille?
Peu importe le poids de votre fille, une meilleure santé est favorisée par une saine alimentation et une vie active. Mais bien manger et être active physiquement ne devrait pas lui être proposée comme une solution à un problème de poids ou comme prévention à l’embonpoint mais bien pour le plaisir que cela procure. C’est là ou l’exemple des parents est des plus bénéfiques. Par exemple, au lieu de vous battre pour faire déjeuner votre fille, assurez-vous qu’elle vous voit déjeûner vous-même et que ce moment partagé avec elle soit agréable, comme par exemple une opportunité au dialogue. Au lieu de l’inscrire à des activités que vous pensez bénéfiques pour sa santé mais qui la répugnent, voyez avec elle ce qu’elle aimerait vraiment faire comme activité sportive et partager ces activités avec elle à chaque fois qu’il est possible, et interessez-vous à ses progrès. Au lieu d’insister pour qu’elle mange des aliments ” pour sa santé “, rendez ceux-ci accessibles à la maison et consommez-en vous même.
Ma fille mange trop et quand elle mange des gâteries, elle ne sait plus s’arrêter. Que dois-je faire pour l’aider à « se contrôler »?
Le contrôle provenant de l’extérieur n’est pas celui à privilégier pour aider votre fille à se rapprocher de ses besoins physiques. Il faut plutôt l’encourager à se poser les vraies questions : A-t-elle vraiment faim pour une si grande quantité d’aliments? Il est possible que oui, car la croissance est une période de la vie qui augmente grandement les besoins de l’organisme et décuple effectivement la faim. Il est aussi possible que votre fille sente déjà une pression extérieure qui l’encourage à éviter les aliments qu’elle aime et que plus elle sent qu’on commence à lui interdire, plus son intérêt pour ces aliments s’en voit augmenté. Il est important d’ouvrir le dialogue avec votre fille et de chercher à comprendre pourquoi elle mange ces aliments en plus grande quantité que les autres, et si le fait de se sentir contrôlée a quelque chose à voir avec son comportement alimentaire.
Ma fille est déjà à la diète. Comment aborder la question avec elle?
Il est important de ne pas avoir peur d’en parler avec elle. Votre fille est influençée par les médias, la publicité, les messages de santé qui véhiculent la supériorité de la minceur. Votre meilleur atout est la communication. Elle a besoin d’entendre de vous un message qui fasse contraste avec celui de la société, c’est-à-dire que son apparence n’est qu’un des nombreux aspects de sa personne, et que ce n’est pas le plus important. Attacher de l’importance à « l’être » plutôt qu’au « paraître », voilà la meilleure voie à emprunter pour l’aider à être bien dan sa peau. Peut-être avez-vous vécu vous aussi plusieurs tentatives d’amaigrissement sans être pour autant plus mince qu’avant. Peut-être avez-vous chéri l’illusion d’être comme les mannequins vous aussi quand vous étiez jeune et vous êtes astreint à des régimes plus ou moins draconiens. Si tel est le cas, votre fille a besoin d’entendre que votre quête de la minceur n’est pas ce qui vous a apporté le bonheur et elle peut apprendre de vos erreurs, si vous prenez le temps de les partager avec elle.
Ma fille fait rire d’elle à cause de ses rondeurs et c’est pourquoi elle veut maigrir. Comment l’aider?
Avant tout, il est préférable que votre fille continue de recevoir de vous un regard positif sur sa personne et ressentent que vous, en tant que parent, vous la trouvez belle et adéquate et que vous n’êtes pas d’accord avec ceux qui la ridiculise. Si les commentaires désobligeants ont été portés par des adultes, veillez à vous assurer que cela ne se reproduisent plus en discutant avec cette personne. Si les attaques ont été portées par d’autres jeunes, l’humiliation de vous porter à la défense de votre fille ne serait pas bénéfique mais vous pouvez encourager votre fille à réagir avec assurance à de tels commentaires. A travers tout cela, votre fille doit apprendre que sa différence physique ne remet pas en cause sa valeur en tant qu’individu, et que ce que les autres pensent ne doit pas venir influencer ce qu’elle pense d’elle-même. Elle doit conserver la confiance en ses propres capacités. L’aider à s’intégrer socialement dans des milieux ou elle est bien acceptée des autres est une façon de compenser ses difficultés. Pour bâtir la confiance nécessaire pour faire face aux commentaires désobligeants, elle doit vivre des expériences sociales qui la valorisent, si ne n’est à l’école, au moins dans d’autres milieux.